Les règlements du cocheur

Qu'est ce que la coche ?


Qui ne connait pas cette passion de certains ornithologues pour les coches ?
Ce nom "coche" vient de l'habitude prise par les observateurs de cocher sur une liste d'oiseaux (en général dans leur guide préféré, celui qui ne les quitte pas) tous les noms des espèces vues au moins une fois dans leur vie. Certains remettent les "compteurs à zéro" tous les ans et commence ainsi leur liste de l'année (appelé Year List). Ils peuvent ainsi cocher à nouveau le Moineau domestique, la Mésange charbonnière...

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Le monde des ornithologues est divisé sur l'intérêt de cette pratique. Ceux qui n'apprécient pas mettent en avant le dérangement qu'une minorité peut parfois commettre et le fait qu'il y a plus important à faire pour la protection des oiseaux. Les cocheurs, quant à eux, font valoir qu'être bon cocheur passe par une parfaite connaissance des espèces communes et une grande pratique du terrain. Pour eux, la coche est le côté ludique de l'ornithologie, la recherche de la nouveauté, ce qui n'interdit pas des préoccupations moins futiles comme l'étude et la protection des oiseaux.

Nous ne souhaitons pas polémiquer ici sur le thème "Pour ou contre les coches". Certains souhaitant pouvoir se comparer à leurs collègues, nous vous proposons donc un classement des Cocheurs de France avec les quelques règles spécifiques qui suivent.

Dans tous les cas, chaque cocheur doit garder en tête que le respect :

  • des oiseaux (rares ou moins rares)
  • des milieux naturels
  • des propriétés privées
  • des personnes rencontrées sur le terrain
  • des autres ornithos

est essentiel à une bonne pratique de sa discipline.

Nous avons tous à gagner d'un comportement raisonné et respectueux, afin que notre discipline jouisse de la meilleure image possible auprès du "grand public" et des autres naturalistes.

 

Les coches France


  • Le rang est établi en fonction du nombre d'espèces d'oiseaux vues (ou entendues si vous cochez au chant) en France, à saisir dans la colonne "coche France".
  • La zone géographique délimitant les coches Françaises s'étend sur l'ensemble de la France métropolitaine, Corse et îles côtières comprises.
  • Seuls les oiseaux des catégories A et C, sauvages, vivants et libres, vus (ou entendus si vous fonctionnez ainsi) en France métropolitaine sont comptabilisés. La catégorie B n'est pas prise en compte puisqu'elle désigne les espèces dont seuls les individus observés avant 1950 sont considérés comme sauvages (et aucun observateur français n'a de coche avant cette date).
  • Pour le décompte, la liste de référence est celle établie par la Commission de l'Avifaune Française (CAF) et sera mise à jour régulièrement. Dans un souci de réactivité, cocheurs.fr se réserve le droit d'ajouter les "premières françaises" ainsi que les espèces passant en catégorie A, avant l'homologation par le CHN et la publication officielle de la CAF, processus pouvant être assez longs. Ces intégrations sont donc à confirmer par la suite, et restent dépendantes des décisions CHN & CAF à venir.
  • En cas de trop forts doutes sur l'origine sauvage d'un oiseau (même appartenant aux catégories A et C), il est préférable de ne pas comptabiliser l'individu. Chacun reste libre de cocher ce qu'il veut, mais rappelons que la CAF se charge de décider du classement en telle ou telle catégorie de chaque oiseau. Les rapports du CHN sont consultables à cette adresse (il est conseillé de s'y référer en cas de doutes) et dans la revue Ornithos pour les plus anciens.
  • Concernant les oiseaux de la catégorie C, rappelons que seuls les individus appartenant aux populations établies et viables sans aide extérieure (relâchés) sont comptabilisables. Exemple avec l'Inséparable de Fischer, dont l'unique population nicheuse est établie dans les Alpes-Maritimes, même si des échappés récents de captivité peuvent être notés ponctuellement partout en France.
  • Il est possible de localiser toutes ses coches sur une carte. Dans un but de transparence et de lisibilité pour tous les inscrits, les observations de certaines espèces sont même de géolocalisation obligatoire, si l'observateur veut qu'elles soient comptabilisées :
    • Soit du fait de la proportion non négligeable d'oiseaux non sauvages (échappés de captivité, issus de programme de réintroduction...) homologués en catégorie D parmi ces espèces (rappelons qu'on ne comptabilise que les catégories A (et C) sur le classement).
    • Soit du fait de leur très grande rareté.
    •  

En revanche, pour des raisons évidentes de conservation et de discrétion, merci de ne pas géolocaliser précisément vos coches des espèces nicheuses que vous jugerez les plus sensibles, comme par exemple:

 
 

Légende des cartes pour les coches françaises

rouge Moins de 10 individus observés en France
jaune Entre 10 et 50 individus observés en France
vert pour plus de 50 individus observés en France

Les pointeurs utilisés possèdent trois couleurs différentes, dépendant du niveau de rareté de l'espèce

 

Les blockers

La liste des blockers est constituée des 70 espèces les moins cochées par les membres de cocheurs.fr. Un classement est ensuite réalisé avec les ornithologues possédant le plus de ces espèces dites "blockers".

Cette liste d'espèce est mise à jour toutes les nuits.

 

Les blanks

Il s'agit de la liste des espèces en France des plus cochées aux moins cochées (par les cocheurs enregistrés sur le site). Cette liste est mise à jour toutes les nuits. Les "blanks" (que l'on pourrait traduire par "manques" ou "lacunes") sont les espèces les moins rares qu'il manque à votre liste. Vous pouvez donc en faire des objectifs prioritaires !

Vos blanks sont affichés dans votre profil, à la suite de vos listes.

Les coches WP


  • Le rang est établi en fonction du nombre d'espèces d'oiseaux vues (ou entendues si vous cochez au chant) dans le Paléarctique occidental, à saisir dans la colonne "coche WP".
  • Le Paléarctique occidental s'étend sur l'ensemble de l'Europe jusqu'au Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
  • Pour le décompte, la liste de référence est inspirée de celle établie par l'AERC. Certaines espèces admises comme telles par la CAF, mais pas par l'AERC, ont été réjoutées, dans un souci de cohérence.

Ci-dessous une carte représentant les limites de cette écozone :

WP

En cas de trop forts doutes sur l'origine sauvage d'un oiseau (même appartenant aux catégories A et C), il est préférable de ne pas comptabiliser l'individu.

Comme pour la liste France, il est possible de localiser toutes ses coches sur une carte. Dans un but de transparence et de lisibilité pour tous les inscrits, les observations de 51 (surtout des anatidés) sont même de géolocalisation obligatoire, si l'observateur veut qu'elles soient comptabilisées. Une grande part de ces oiseaux, quand ils sont vus en France, sont considérés comme échappés de captivité. C'est pourquoi ils ne sont pas sur la liste des espèces cochables en France (sauf le Garrot albéole pour quelques mentions). On ne doit donc pas davantage les cocher en WP sur des oiseaux vus en France. Les observations en WP concernant des oiseaux sauvages sont souvent sur les îles Britanniques, Açores et Islande pour les nord-américains, au Moyen-Orient pour les asiatiques, en Hollande et Danemark pour certaines oies.
Le Flamant nain et les 3 pélicans sont dans le même cas de figure : la plupart des oiseaux français n'étant pas pour l'instant considérés comme sauvages, il ne peuvent être cochés en WP sur des oiseaux vus en France. Il en est enfin de même pour le Faucon lanier, mais davantage pour des raisons d'erreurs d'identification (avec le Faucon pèlerin callidus notamment) dont 3 oiseaux seulement peuvent être cochés en France : les 3 homologués par le CHN. Mieux vaut avoir vu cette espèce en Afrique du Nord, en Italie ou au Moyen-Orient !

Les coches False WP


Le rang est établi en fonction du nombre d'espèces d'oiseaux vues (ou entendues si vous cochez au chant) mais n'importe où dans le monde. La liste de référence est toujours celle du WP, mais les limites de cette zone ne comptent plus : vous pouvez cocher les américains en Amérique, les asiatiques en Asie, etc.

La Year liste France


  • Le rang est établi en fonction du nombre d'espèces d'oiseaux sauvages vu ou entendues en France durant une année (du 1er Janvier au 31 Décembre).
  • Seuls les oiseaux observés en France sont à saisir dans la colonne "Yearlist France".
  • Seuls les oiseaux sauvages vues ou entendus en France métropolitaine sont comptabilisés (catégorie A et C).
  • Il est également possible de localiser ses coches annuelles sur une carte, le même code couleurs que pour les coches est utilisé pour les pointeurs :

Légende des cartes pour les YearList

rouge Moins de 10 individus observés en France
jaune Entre 10 et 50 individus observés en France
vert pour plus de 50 individus observés en France

Les catégories concernant les oiseaux de France métropolitaine


Seules les espèces des catégories A, B et C font partie de la liste officielle des oiseaux de France, mais seules A et C peuvent être comptabilisées dans ce classement (raison expliquée plus haut).

  • Catégorie A :espèces présentes à l'état sauvage en France métropolitaine y compris la frange maritime (Zone Economique Exclusive), observées au moins une fois depuis 1950 et dont l'origine naturelle est considérée comme la plus probable au moins pour un individu.
  • Catégorie B : espèces observées à l'état sauvage sur la même aire géographique, mais qui n'ont pas été revues depuis 1950.
  • Catégorie C : sont rassemblées dans cette catégorie les espèces introduites ou échappées de captivité en France métropolitaine depuis plusieurs années, qui ont fait souche et dont au moins une population se maintient par reproduction en milieu naturel, indépendamment d'éventuels apports supplémentaires d'origine humaine. Les espèces introduites ou échappées de captivité hors de France, qui répondent aux mêmes critères (qui sont donc inscrites en catégorie C dans leur pays d'origine), et qui sont observées en France lors de leurs déplacements spontanés.

En complément de cette liste officielle, deux catégories supplémentaires comprennent des espèces observées dans la nature en France métropolitaine, mais qui ne peuvent être placées dans une des catégories A, B ou C. On distingue ainsi :

  • Catégorie D : espèces pour lesquelles il existe des mentions dont l'origine naturelle est possible mais qui n'est pas considérée comme la plus probable, compte tenu des informations disponibles. Leur arrivée en France métropolitaine a pu être aidée volontairement par l'homme ou bien il s'agit d'échappés de captivité.
  • Catégorie E : échappés de captivité observés en France métropolitaine et inscrits en A, B ou C dans un des pays du Paléarctique occidental. Certaines de ces espèces ont pu se reproduire librement, mais : soit elles n'ont pu maintenir une population viable sans apport supplémentaire d'origine humaine, soit leurs populations sont trop petites ou trop récentes pour être considérées comme établies et ainsi passer en catégorie C.

Cas particuliers

Notons que pour la Sterne élégante, peuvent provisoirement être comptabilisés les oiseaux homologués par le CHN en tant que "Sterne présentant les caractéristiques de la Sterne élégante". En effet, il est avéré que des individus manifestement hybrides (avec la Sterne caugek) peuvent présenter un phénotype tout à fait normal de Sterne élégante (Ornithos 17-6, 2010, p.389). Ce qui suggère que potentiellement, n'importe quelle oiseau identifié par le passé comme Sterne élégante, peut en fait se révéler être un hybride. Le CHN devant prochainement entamer une révision des données françaises de l'espèce, il se peut que son "statut" sur le classement soit amené à évoluer.

Concernant le Faucon lanier, seuls les 3 oiseaux homologués par le CHN peuvent être cochés en France, à savoir :

  • Camargue, la Capelière (13), 2A, 26 mars 2014
  • Crau, coussoul de Calissane (13), 1A, 24 septembre 2009
  • Camargue, Albaron (13), 13 novembre 2007

Ce en raison des nombreuses confusions avec le Faucon pèlerin callidus, d'autres grands faucons ou des échappés de fauconnerie (hybridés ou non...) ayant conduit le CHN à réviser toutes les données et à n'en conserver que 3 (ce qui est plus en conformité avec le niveau de rareté de l'espèce en Europe).